Dimanche 26 novembre 2006
... d'animaux ?
L'autre jour j'étais royalement (oui, toujours être classe, même dans la position la plus fumiste) affalé dans le canapé à regarder un débat fort intéressant sur la police de proximité (j'en ai dailleurs déduis qu'il était de plus en plus complexe d'avoir des idées tranchées). Et puis là, tout d'un coup, stupéfaction ! Une araignée traverse la pièce. Mais le truc funky, c'est qu'elle passe en s'arrêtant. Elle marche pendant trente seconde comme si elle savait précisémment où aller, et puis elle s'arrête pendant une, deux, cinq minutes. Et j'ai trouvé ça étrange. Qu'est-ce qui se passe dans la tête de cette petite bête ? On aurait dit qu'elle était en pleine réflection métaphysique sur le sens de sa traversée du salon...
Genre "Ouaaah la moquette est vraiment blanche ici... Moquette ? Oh, stun terme humain ça... Les humains ont conscience de leur conscience contrairement à moi qui marche sans savoir pourquoi mais en ayant l'air de savoir précisémment où je vais... Mais, en fait pourquoi je vais ? Où vais-je ? Pourquoi-je ? Hum... C'est bien mystérieux tout ça..."
Et puis zou, elle oublie tout ça et repart dans son cheminement, dont le but m'échappe totalement (comme pas mal de choses en fait). Et c'est amusant tout de même. J'imaginai alors un humain, un "nous", sans technologie, sans semblable, rien qu'un espace à traverser. Je pense qu'on deviendrait fou. La perte de toute occupation... Mon prof de solfège nous parlait de l'absence totale de son, qui était effrayante entre autre parce qu'on se retrouve avec comme univers sonore notre organisme. Seule sans occupation, c'est se retrouver seul face à notre pensée, je pense que c'est tout aussi flippant.
Voila, tout ça pour dire que je me demande comment on réagirait si on était dans le même état culturel qu'une araignée, si on avait comme seul but que la survie dans un monde auquel on doit s'adapter. C'est dans ces cas là que je pousse un profond soupir de soulagement en prenant conscience du véritable confort dans lequel on peut vivre... Ensuite, la pensée plus sombre, quand on se rend compte qu'on est qu'une ridicule minorité mondiale à profiter de ce confort, en fait, nous sommes presque des êtres humains différents... Sans être péjoratif, en regardant les préoccupations d'un djeun'z total Rebelz contre la sossaill'-tea, et un dissident chinois, un enfant soldat enrolé de force, ou n'importe... quels sont les points communs ?
Bref, la vie, c'est bizarre.