La vie d'un chat
Si j'étais un chat... Ce n'est pas l'aspiration de toute une vie, mais ça en a tout l'air... La vie de chat, l'image même de la liberté avec ses défauts certes, mais quelle vie tout de même. Je me prends souvent à observer les toits des maisons de mon quartier, la nuit, par la fenêtre. C'est un soir, une nuit plus exactement, que j'ai pris conscience de ce que je voulais faire plus tard. Difficile de l'énoncer de façon plus naïve, mais soit : « Quand je serai grand, je veux être un chat ! ». Pour en revenir à l'histoire des toits, et pour vous éclairer, je dois vous raconter...
Une nuit donc, mal assis sur le radiateur froid de la chambre, la guitare dans les bras, je contemplai donc la ville, du moins ce que j'en apercevais. Et comme chaque soir, je m'attardai presque avec regret sur l'étendu que formait ce jalonnement de toiture... Depuis tout petit, l'idée de grimper sur les toits pour être plus grand reste comme une chimère, les toits m'apparaissant comme l'endroit le plus inaccessible d'un batiments (vous avez dis naïf ?). Ces toits, donc, semblaient, et encore aujorud'hui, m'appeler... Non pas que l'envie de sauter du haut de ma fenêtre pour aller m'écraser sur un toit soit tentante.
Et puis un soir, je vis sur ces toits un petit animal... gambader, je ne vois pas d'autre mot tant l'aisance avec laquelle il se mouvait de maison en maison était déconcertante. Un chat. Banal me direz-vous. Mais la vision d'un animal, sautant de toit en toit, était non seulement impressionante, mais cela laissait m'inspira également un sentiment de liberté extrême. C'est depuis cette « vision » que l'agilité des chats me frappe, chaque fois avec autant de force.
Qui n'a jamais vu un chat se faufiler entre les deux barreaux d'un grillage, bondir du haut d'un mur pour atterir avec une réception parfaite. Qui n'a jamais sursauté alors qu'un félin sautait de terre pour atteindre un muret haut de quelques deux mètres... qui n'a jamais vu ça ? Mais qui y fait attention ?
La vérité, c'est qu'une ville ressemble à une prison, un labyrinthe, un cercle vicieux. Nous sommes mollement dirigés par des avenus, des boulevards, séparés entre nous par des rues, des grilles, des murs... non pas que je sois impudique, mais il faut avouer que la vie a un goût de pré-fabriqué par moment. Alors oui, je sais bien qu'on peut essayer de tracer sa route en se disant que quels que soient les obstacles, on ne fait pas de détour. Mais nous restons largement inadaptés à de telles cascades.
Bref, depuis, je veux être un chat. Moi, schyzophrène ? Je ne crois pas... rêveur, peut être... cinglé, surement, mais qui ne l'est pas ? Et puis on a vu plus fou.

), guitariste progressif, jongleur à ses heures, bassiste fumiste, ambitieux mais peut faire mieux, et surtout très très paresseux.